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J’ai commencé à peindre tous ces tableaux en regardant les choses réelles du monde. Durant plus d’une décennie, je me suis concentrée sur des haies et des bâtiments, pour
une simple raison: ils constituent mon environnement périphérique quotidien. Que cela soit à Brooklyn, où je les vois de ma fenêtre ou au Canada, où je me rends chaque année, ces formes me cachent la « vue » ou constituent une présence que je dois contourner.
Elles attirent irrésistiblement mon attention par leur solidité et par la manière qu’elles ont de reposer à la surface de la terre. Reconnaître en permanence la présence de ces formes me donne l’occasion de dresser des parallèles avec ma propre existence dans le monde.
Dans chacune de mes oeuvres, trouver la couleur juste, celle qui produira la lumière, l’espace et le sentiment d’espoir (bonté, élégance, justesse de l’intention) est ce qui me guide. J’utilise également de nombreux autres éléments de la peinture, afin d’introduire un sens physique de vastitude. Avec des jeux entre l’espace et les couleurs, je fais coexister les questions d’espace et d’illusionisme, de conceptualisme et de physicalité, de classicisme et de nouveauté. C’est à travers ces coexistences que j’espère faire émerger de mes tableaux, une fraîcheur et un lieu où l’art, moi-même et le monde du dehors, nous nous mélangeons.
C’est ainsi que je conçois la peinture. Je ne peins pas des « paysages »; j’en fais fondamentalement partie et si je peins, c’est pour en découvrir un peu plus à ce propos.
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